Vous êtes au bord de la piscine, et pourtant le travail vous manque tellement que vous n’arrivez pas à décrocher. Cette difficulté à trouver une vraie déconnexion pendant les vacances n’a pas toujours la même origine, et il est utile de distinguer deux situations bien différentes avant de s’inquiéter ou, au contraire, de culpabiliser inutilement.

Premier profil : quand le travail nous manque vraiment en vacances
Certaines personnes se connectent pendant leurs congés simplement parce que leur travail leur manque réellement, sans que cela cache un mal-être quelconque. Le bureau, les collègues, les clients, et parfois même le manager, leur manquent déjà après quelques jours de repos.
Dans ce cas, on s’autorise volontiers à répondre à quelques mails, à partager des photos de vacances sur un canal Teams, ou à participer ponctuellement à une visioconférence. Il n’y a strictement aucun mal à cela : cette forme de connexion volontaire ne traduit ni un stress ni un épuisement, mais une véritable implication personnelle dans son travail.
La seule vigilance à avoir dans cette situation concerne l’entourage. Un conjoint, des enfants ou des amis en vacances n’ont, eux, aucune raison de se connecter au travail pendant cette période. Il devient alors important de trouver un accord clair sur les moments consacrés au travail : une heure pendant la sieste des enfants (une astuce évoquée par la consultante Clara Liagre), une demi-journée dédiée pendant un séjour de deux semaines, ou simplement le soir une fois que tout le monde dort. La règle essentielle reste la même : cet accord doit être partagé et respecté par toutes les parties, pour éviter les tensions familiales liées au travail pendant les congés.
Second profil : quand la déconnexion pendant les vacances devient impossible
La seconde situation est plus préoccupante. Ici, la connexion pendant les vacances ne provient pas d’un plaisir à travailler, mais d’une véritable angoisse : la peur d’être jugé par son manager, la peur de revenir au bureau, ou encore la peur de revoir certains collègues avec qui la relation s’est dégradée.
Dans ce contexte, l’incapacité à profiter d’une déconnexion pendant les vacances doit inciter à se poser plusieurs questions de fond. L’angoisse liée au bureau doit-elle vraiment continuer à suivre la personne pendant son temps de repos ? L’organisation du travail mise en place permet-elle réellement de partir en vacances l’esprit tranquille ? Faut-il envisager de changer de poste, ou solliciter rapidement un accompagnement RH pour desserrer cette pression avant qu’elle ne s’aggrave ?
Ces questions ne sont pas anodines. Le baromètre santé psychologique au travail de Malakoff Humanis montre régulièrement que l’anxiété liée au travail, lorsqu’elle s’installe durablement, finit par déborder largement sur la vie personnelle et les temps de repos, avec un impact direct sur la qualité du sommeil et les relations familiales.
Deux signaux qui montrent qu’il faut lever le pied
Au-delà de la question du décrochage lui-même, deux signaux méritent une attention particulière, car ils annoncent souvent un épuisement professionnel plus profond qu’une simple difficulté à décrocher.
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L’absence totale de plaisir à travailler, même une fois de retour au bureau après les congés.
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Des proches qui alertent spontanément sur un changement de comportement, d’humeur ou d’énergie.
Ces deux signes doivent être pris au sérieux et écoutés, car l’entourage perçoit souvent une dégradation avant que la personne concernée n’en prenne elle-même conscience. Ignorer ces alertes revient généralement à repousser un problème qui finira par s’aggraver, plutôt qu’à le résoudre.
Ce que dit le cadre légal sur le droit à la déconnexion
En France, le droit à la déconnexion existe depuis plusieurs années et encadre théoriquement ces situations. L’ ANACT rappelle que ce droit impose aux entreprises de mettre en place des dispositifs concrets pour limiter les connexions hors temps de travail, mais que son application reste très inégale selon les organisations et la culture managériale en place. C’est souvent là que réside le vrai problème : un droit qui existe sur le papier, mais qui ne se traduit pas dans les pratiques quotidiennes.
C’est précisément ce que nous abordons régulièrement dans nos formations RH,Management et QVCT où nous aidons les managers à mettre en place des règles de déconnexion réalistes plutôt que purement symboliques.
Faut-il vraiment couper le contact avec son travail ?
La déconnexion pendant les vacances n’est donc pas une obligation universelle : chacun fonctionne différemment, et certaines personnes ont besoin de garder un pied dans leur activité professionnelle sans que cela nuise à leur repos. Ce n’est pas le fait de se connecter qui pose problème, mais la raison pour laquelle on le fait.
Si vous reconnaissez chez vous, ou chez un collaborateur, les signes évoqués plus haut (absence de plaisir au travail, alertes répétées de l’entourage, angoisse persistante à l’idée de reprendre) il est temps d’agir plutôt que d’attendre que la situation se dégrade davantage. Nous en parlons régulièrement dans notre podcast Manager sans s’épuiser, où nous partageons des retours concrets de dirigeants et managers confrontés à ces situations.
Chez Popmood, notre audit RH personnalisé permet justement d’identifier ces signaux avant qu’ils ne débouchent sur un véritable épuisement professionnel, à travers des entretiens directs et confidentiels avec les collaborateurs concernés.
Vous reconnaissez ces signes chez vous ou dans vos équipes ? Contactez Popmood pour un accompagnement RH adapté à votre situation, avant que les vacances ne deviennent elles-mêmes une source de stress supplémentaire.


